La rentabilité des nouveaux stades en chiffre
Qui dit investissement, dit retour sur investissement. Si les investissements représente des sommes importantes, que l'on parle de rénovation (plusieurs dizaines de millions d'euros) ou de construction (centaines de millions d'euros), la rentabilité de ces installations semblent limitées. Qu'en est-il?Les "anciens stades" ont peu de sources de revenus : utlisés uniquement lors des matchs, à l'exception d'un concert de temps en temps, les recettes ne rentrent qu'une vingtaine de jours par an et sont limitées à la billeterie grand public et VIP, un peu de restauration et de merchandising ; le marketing est lui aussi très limité. Les nouvelles enceintes doivent permettre d'augmenter ces recettes.Andrew Zimbalist, professeur au Smith College, estimait dans l'un de ses ouvrages, que les clubs américains ayant ainsi modernisé leurs enceintes avaient, en moyenne, plus que doublé leur revenus liés à cette activité. Voyons le résultat.
Emirates Stadium, Arsenal. On a longtemps craint pour la santé financière du club au vu de l'imporant investissement (430M£), uniquement financé par le club, sans argent public. Il est aujourd'hui le stade le plus rentable de Premier League, et donc probablement du monde, avec une augmentation du chiffre d'affaires de plus de 70M€ en 2007. Comment se répartit ce chiffre d'affaires? Regardons les chiffres d'un peu plus près...

Le contrat de naming représente la source de revenus la plus visible, avec un contrat de 100M£ sur 15 ans, soit à peu près 10M€ par an. La société de catering Delaware North a signé un contrat de 15M£ sur 20 ans pour obtenir l'exclusivité des concessions. Au delà de ces contrats longs, les recettes de billeterie ont fortement augmentées : sur 60.000 places, il contient 150 loges et 6.500 "business seats". Le prix d’un box de 10 places en loge commence à 95.000€ par saison. La place en business seat "Club Level", la moins chère, dans les coins du stade est à 3.700€ par saison. L’abonnement grand-publc le moins cher pour la saison 2006/2007 est à 1.300€. Même en prenant en compte le remboursement des intérêts des emprunts, le club d'Arsenal réalisa un bénéfice de 37M£ à l'issue de la saison 2006/07.
Evidemment, ces chiffres ne sont pas transposables à Metz, mais l'idée est là : le club ne doit pas oublier une logique économique ; sans investissement, pas de bénéfice. En travaillant uniquement sur une rénovation de Saint-Symphorien, le club sera limité structurellement dans ses recettes, quelque soit la qualité du projet, sans oublier le fait que le stade appartiendrait toujours à la ville de Metz.
Derniers chiffres, la part des recettes "stades" dans le chiffre d'affaires 2006 de certains clubs européens :
- Real 23%
- MU 42%
- Juventus 38%
- Chelsea 38%
- Barcelone 32%
- Bayern 38%
- OL 22%
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