Les droits TV vont baisser

Publié le par Olivier

nullL'information est un peu passé inaperçue, pour le moment, mais Orange ne participera pas au prochain appel d'offres des droits TV de la ligue 1 l'année prochaine. La baisse du chiffre d'affaires sera équivalente à 10M€ par club. Les conséquences seront nombreuses.

200M€ par an. C'est ce que versait jusqu'ici Orange pour diffuser un match de Ligue 1 en exclusivité par journée, ainsi que 8 autres matchs sur Orange World. Par la voix de son directeur général, Stéphane Richard, le géant des télécoms a annoncé à la commission marketing de la LFP son intention de ne pas participer au prochain appel d'offres pour la retransmission du championnat de France de Ligue 1.

Cette chute des droits TV (environ 33%) ne serait pas sans conséquence pour les clubs, confrontés également à la crise économique et à la suppression du DIC. Les droits TV, déjà amputés par différentes taxes et aides, représentent 500M€ de chiffre d'affaires pour les clubs de Ligue 1. En considérant que ces taxes resteraient equivalentes, le montant restant à répartir serait d'environ 350M€. Si la clé de répartition restait la même, les clubs les plus riches seraient les plus pénalisés : Marseille perdrait plus de 15M€ (par rapport à 2010), alors que le chiffre d'affaires des relégués diminueraient de 4M€ (près de 25% de leur recettes)

nullLa solution pour la LFP serait d'augmenter la contribution de Canal+. Mais la chaîne cryptée a d'ores et déjà annoncée qu'elle n'irait pas au-delà de 450M€ annuels. Une décision qui a mis en colère Michel Seydoux, président du LOSC et de la commission marketing de la LFP : « La prévision de Canal+ c'est plutôt "Canal moins". Nous ne sommes pas d'accord avec ça. C'est hors de propos. La Ligue 1 est en progrès permanent. Nos droits ne peuvent pas être dévalorisés. On ne peut pas accepter ça. » Pas sûr que Canal apprécie ce genre de réaction.

Une autre solution de la Ligue de Football professionnelle est la création d'une chaine de télévision, qui pourrait concurrencer Canal. Celle-ci serait bâtie sur les cendres d'Orange Sport et diffuserait, jusqu'en 2012, plusieurs matchs de Ligue 2 à chaque journée. Une solution qui n'aurait pas les faveurs de Michel Seydoux, qui l'estime « hâtive et risquée. » Elle semble toutefois l'unique solution pour maintenir la pression concurrentielle sur Canal+. Cette chaîne pourrait s'avérer être un bon coup financier à partir de 2 millions d'abonnés (Orange Sport en a déjà 320 000).

Les clubs ont donc deux ans pour préparer cette baisse drastique de leurs recettes. Un délai à la fois raisonnable et à la fois très court. Quelle entreprise peut se targuer de connaître, deux ans à l'avance, une telle baisse de chiffre d'affaires? Différents solutions peuvent être mises en oeuvre durant ces deux années, pour permettre de pallier à ce problème. Sachant que le trading des joueurs n'est plus une solution, les clubs devront être innovants pour dégager de nouvelles recettes et réduire certaines dépenses. Les salaires des joueurs devraient être sensiblement revus à la baisse. Côté recettes, les nouveaux stades ne seront pas encore livrés, il faudra donc avoir de nouvelles idées pour développer les recettes sponsoring, billetterie et merchandising. Un challenge qui sera difficile à relever pour les clubs, mais qui confirme l'obligation de rénover les stades, et de s'approcher du modèle allemand. Les droits TV y sont d'ailleurs bien plus faibles qu'en France : les clubs allemands se partagent 200M€. 

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