DNA : La pression monte à J - 3

Publié le par Olivier

Trois jours avant la désignation des neuf villes titulaires retenues pour accueillir des matchs de l'Euro 2016, la pression monte. L'enjeu, pour les porteurs du projet strasbourgeois, Roland Ries et Jacques Bigot, est capital. D'un point de vue sportif, économique et politique.

La capitale de l'Europe sera-t-elle l'une des neuf villes retenues pour accueillir des rencontres de l'Euro 2016 de football - troisième événement sportif le plus regardé au monde ? Réponse ce mercredi à 16h, dans les bureaux de la Fédération française de football (FFF) à Paris.

Les porteurs de la candidature de Strasbourg, Roland Ries et Jacques Bigot en tête, ont foi dans leur projet - alternatif à l'Eurostadium - de reconstruction sur site du stade de la Meinau, moyennant 160 millions d'euros. Ils affichent d'ailleurs depuis la visite de Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, et de Frédéric Thiriez, président de la Ligue française de football (LFP), leur « bon espoir » que Strasbourg soit retenu : « Je n'ose pas imaginer que l'Euro 2016 se fasse en France sans Strasbourg, capitale de l'Europe », martèle le maire à qui veut l'entendre.

REVANCHE POLITIQUE DE 1998. - Cet optimisme relève autant des (grandes) qualités intrinsèques du dossier strasbourgeois (lire notre article ci-dessous) que du « volontarisme » dont font preuve les porteurs du projet. L'enjeu est de taille pour Roland Ries et Jacques Bigot : rater cet événement de dimension internationale, dont les retombées économiques et en termes de rayonnement international, serait dramatique car, immanquablement, resurgirait alors le spectre du retentissant refus de la Coupe du monde 1998. Etre, à l'inverse, « terre d'accueil » de l'Euro 2016 en faisant partie des neuf villes titualires retenues, aurait des accents de « revanche politique » du rendez-vous manqué (sous une majorité socialiste aux commandes de la ville) de 1998.

L'ENCOMBRANT VOISIN NANCÉiEN. - Cet optimisme doit donc être tempéré par la raison. D'abord parce que les « jeux » ne sont pas encore faits. Ensuite parce que Strasbourg est, depuis le début, en concurrence avec ses voisins lorrains (Metz et Nancy) pour être « Le » stade du Grand Est qui accueillera des matchs de l'Euro. Or Michel Platini, président de l'UEFA, était en première ligne du « niet » strasbourgeois de 1998, puisqu'il était co-président du comité d'organisation de la Coupe du monde. Et l'ancien « numéro 10 » de légende reste le joueur... nancéien le plus emblématique.

MOTION EN CONSEIL DEMAIN. - Un autre élément de l'actualité - relevé par Roland Ries jeudi dernier en conférence de presse d'avant conseil municipal - fait tourner les regards vers Nancy. Pour des raisons non sportives : une surprenante « succession de "hasards" » des délocalisations vers Nancy. D'abord « l'installation des juridictions interrégionales spécialisées dans la matière pénale », puis « l'annonce du transfert de la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) », et maintenant le « désaississement du tribunal de grande instance de Strasbourg dans le domaine de la propriété intellectuelle » au profit, là encore, de... Nancy. Du coup, Roland Ries va présenter une motion, demain en conseil municipal, pour condamner ce désaissement. Et sans doute aussi conjurer le sort : il ne faudrait pas que l'Euro 2016 prenne le même chemin au détriment de la candidature de Strasbourg.

RAISONS D'Y CROIRE. - Ces faits, cependant, n'entament pas les raisons d'y croire (voir les DNA du 4 novembre). Parce qu'à mesure que l'on se rapproche de la date couperet de mercredi prochain, les défections de candidats à l'ouest de l'Hexagone - Nantes d'abord, puis Rennes (DNA d'hier) - pourraient changer la donne à l'est... Et, pourquoi pas, inciter les instances du football à choisir deux villes plutôt qu'une. Avantage : elles feraient ainsi l'économie du dilemme qui consiste à trancher entre le stade de la capitale européenne et le stade fétiche du président de l'UEFA, Michel Platini...

Publié dans Metz et Euro 2016

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