Un emprunt obligataire pour financer le nouveau stade de Metz

Publié le par Olivier

EDF va émettre des obligations à 4,5% sur 5 ans. Ne serait-il pas possible, pour le FC Metz, en cas d'absence d'investisseur unique, d'émettre des obligations pour financer la construction d'une nouvelle enceinte?

D'abord, regardons de plus près ce qu'est une obligation. Plusieurs sites financiers donnent une
définition de l'obligation : Guide-finance.ch, Edubourse.com, Euronext,... Pour faire simple, une obligation est une part d'un emprunt. Par exemple, l'entreprise A émet une obligation de 1.000 € à 5% sur 10 ans, Monsieur A souscrit pour 1.000 € à cet obligation. L'entreprise A va verser 5% de 1.000€ (soit 50€) tous les ans pendant 10 ans à Monsieur B. Au bout de 10 ans, l'entreprise A remboursera 1.000 € à Monsieur A. Bien sûr, l'émetteur peut modifier le montant des obligations, le taux ou la période suivant les besoins et attentes du marché.

Un club de football, et le FC Metz en particulier, peut-il émettre des obligations pour financer la construction d'un stade? Techniquement, rien ne l'interdit. Cela est d'ailleurs le cas pour plusieurs clubs nord-américains, en particuliers les
Pirates de Pittsbugh par exemple. Existe-t-il un obstacle législatif? Peut-être, même si je pense que non, dans la mesure où l'OL peut aller en bourse, les clubs doivent pouvoir émettre des obligations.

La question principal est plutôt : un club de football, le FC Metz, peut-il trouver des personnes, entreprises, institutions, partenaires, pour acheter ses obligations? Le montant des obligations à émettre sur le marché doit être suffisant pour construire un stade : on peut estimer le montant nécessaire pour un stade de 40.000 places à 250M€ environ. La durée des obligations doit être longue, entre 20 et 30 ans, sans doute. Restent le taux d'intérêt, ainsi que le mode de remboursement. Trois problèmes se posent pour le FC Metz : la faiblesse, voire l'absence de bénefice, le faible niveau des actifs ne permettant pas d'apporter une garantie suffisante et un chiffred'affaires ridiculement bas par rapport au montant total de l'emprunt.

Comment parvenir à résoudre ces problèmes et rassurer  les investisseurs quant à la perennité de leur investissement? D'abord, le taux, fixe ou variable. Grâce à un taux variable, indexé sur les taux monétaires par exemple, le risque de taux est limité. Toutefois, eut égard aux différents problèmes directement liés au club, le risque de taux ne représente pas forcément le risque le plus important à couvrir. Il s'agit ici de garantir au mieux le souscripteur contre le risque de non remboursement. Deux solutions sont possibles : rembourser une partie du capital à chaque versement de coupon (on réduit ainsi le risque, tout en réduisant le montant annuel des intérêts pour le club) ou racheter régulièrement une partie des obligations (ce qui permet d'éviter les risques en cas de "mauvaise année")

Le club devra s'associer à un ou plusieurs établissements bancaires pour réussir son émission obligataire. Il reste toutefois deux inconnues : la nature même du marché obligataire, qui s'annonce difficile dans les prochains mois, et le fait que le rendement du nouveau stade doive atteindre un niveau relativement élevé (
au moins 5% sans doute).

Le principal avantage de financer son stade par un emprunt obligataire réside dans le fait que le stade appartiendrait au club à 100% et avoir une liberté de gérance totale.

Publié dans Idées

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