RL : Metz a-t-il déjà perdu l'Euro?

Publié le par OS

A l'heure où la France lance sa candidature à l'organisation du championnat d'Europe, en 2016, la confusion entoure toujours le projet de stade à Metz. Et s'il était déjà trop tard ?

Editée par la Ligue de football professionnel, la première brochure officielle vantant les mérites de la candidature française à l'Euro 2016 produit la carte de France des stades. Quinze villes y dessinent le pourtour parfait du pays, illustrant la volonté d'un «maillage du territoire» exprimée par Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française. En haut à droite, deux sites jouent sur la même ligne : Nancy, Strasbourg. La capitale de la région Lorraine n'apparaît pas. Pas plus ici qu'ailleurs, dans le rapport de la commission sur les grands stades présidée par Philippe Séguin par exemple.

DOSSIER

«Je siège au conseil d'administration de la LFP et je peux vous assurer qu'aucun document ne fait état de la possibilité d'un stade à Metz», confirme Sylvain Kastendeuch, qui y représente le syndicat des joueurs. L'ancien défenseur et capitaine emblématique du FC Metz, période glorieuse, n'en est «même plus à craindre» que sa ville passera à côté : «Je le crois, assène-t-il. Metz va rater ce rendez-vous, comme il avait manqué la Coupe du monde 1998, alors qu'une loi permettra bientôt des aides de l'Etat aux constructions programmées pour l'Euro 2016, dans le cadre d'une déclaration d'utilité publique.»

Bernard Desumer : «Rien n'est figé»

Trésorier de la FFF, donc partie prenante du dossier, Bernard Desumer se montre à peine plus optimiste : «J'ai l'impression désagréable de revivre quelque chose que j'ai connu il y a une quinzaine d'années», reconnaît le président de la Ligue de Lorraine de football. Dans les années 90, pourtant très pressenti, Metz avait finalement laissé passer sa chance d'abriter la Coupe du monde, soit six à sept matches de l'événement planétaire le plus médiatisé du sport le plus populaire. La compétition avait viré au triomphe sportif et économique mais, ici, les différents élus des collectivités locales, incapables de s'entendre, s'étaient renvoyés la balle : au siècle suivant, les mêmes ou presque se la renvoient encore. Mêmes causes déplorables, mêmes effets dévastateurs ? En 2009, Metz accuse un retard semble-t-il important sur Nancy et énorme sur Strasbourg, alors que son projet est antérieur à ceux de ses voisins : le lancement d'un programme de développement reposant sur la transformation du stade Saint-Symphorien date aujourd'hui de deux ans et deux mois ! Depuis, les idées ont évolué vers une autre préférence, celle de construire du neuf, en divergence de vue avec la nouvelle municipalité messine. «Aujourd'hui, note Bernard Serin, devenu il y a dix mois l'actionnaire majoritaire de l'entreprise FC Metz, le sujet se clarifie car les hypothèses sont moins nombreuses.» Mais l'alternative naissante entre une modernisation de Saint-Symphorien et la construction d'un nouveau stade, probablement entre Maizières-lès-Metz et Amnéville, ramène la question de l'Euro 2016 à la surface : même rénové, le stade actuel ne pourrait en aucun cas répondre au cahier des charges, prévoyant par exemple entre 5000 et 8000 places de parking, plus 500 emplacements pour les bus, un problème vieux comme l'île Saint-Symphorien ! Mais l'autre projet peut-il voir le jour dans les temps ? «Rien n'est figé, assure et rassure Bernard Demuser. Metz n'a pas plus de plomb dans l'aile qu'un autre car le moment où les villes candidates devront se faire connaître n'est pas encore arrivé.» La France déposera son dossier définitif dans moins d'un an. A la condition préalable que toutes les parties s'entendent sur l'attrait du projet, Metz doit bien plus que convaincre : rattraper le temps perdu et redevenir crédible. Il y a urgence.

Sylvain VILLAUME.

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