RL du 26/03/2009 : Syvain Kastendeuch : "il faut que les politiques se réveillent !"

Publié le par OS

Ancien capitaine du FC Metz, membre de la précédente majorité municipale, Sylvain Kastendeuch tire la sonnette d’alarme : selon lui, sans un nouveau stade, «c’est la mort programmée» qui guette le football professionnel en Lorraine-Nord.



Sylvain Kastendeuch estime que l'avenir n'est plus à Saint-Symphorien où, dit-il, «on ne pourra jamais faire que du bricolage».

Ancien capitaine du FC Metz, membre de la précédente majorité municipale, Sylvain Kastendeuch tire la sonnette d’alarme : selon lui, sans un nouveau stade, «c’est la mort programmée» qui guette le football professionnel en Lorraine-Nord.

Ayant notamment disputé 578 matches de Première division, Sylvain Kastendeuch n’a pas découvert la défaite le 17 mars 2008, quand la victoire socialiste aux élections municipales à Metz a signé son départ de la mairie, après un mandat d’adjoint aux sports. Un an plus tard, président de deux syndicats (celui des footballeurs professionnels et celui des sportifs), il dit avoir tiré un trait sur la vie politique messine : «Jesuis très occupé et je ne me vois pas replonger.» C’est en «simple amoureux » du FC Metz qu’il tient ici à tirer la sonnette d’alarme et, précise-t-il, «sans être commandé par personne». Attention : on a connu l’ancien défenseur moins offensif…

Le dossier de développement du FC Metz serait-il traité différemment par l’ancienne majorité, à laquelle vous apparteniez ?

«Je le pense : d’ailleurs, nous avions initié un vrai partenariat avec le FC Metz en provisionnant 3 M€ pour ce projet entre 2006 et 2008. Il y avait, de notre part, une vraie volonté politique.»

Elle n’existe pas aujourd’hui ?

«La ville comme l’agglomération, le département et les députés observent un silence assourdissant. Le FC Metz a été, pendant plus de trente ans, le principal ambassadeur de Metz et de la Moselle, en même temps qu’un moyen de distraction, de bonheur parfois, pour plus de 20000 personnes. Que l’on nous dise clairement si ce n’est plus le cas. Et puisque l’on pourra toujours me rétorquer que l’image est un concept virtuel, allons sur le terrain économique et social. Nancy dispose d’un budget de 40 M€, celui de Metz est de 15 M€. Voyez ce qui manque pour prétendre, disons, à un rôle moyen en Ligue 1. Or, sans un nouveau stade, le FC Metz ne pourra pas générer de nouvelles recettes et assurer sa pérennité : à terme, c’est la mort programmée.»

Pourquoi un nouveau stade ?

«Il faut quitter Saint-Symphorien car les conditions d’accès y sont insupportables et les conditions d’accueil insuffisantes. Il n’y a pas matière à y mettre en place de nouvelles formes d’animation, et on ne réinventera pas les possibilités d’accès et de stationnement. C’est même une question de sécurité : agrandir sa capacité deviendrait dangereux ; dès qu’un match attire plus de 20000 personnes, les bouchons vont jusqu’à l’autoroute. A Saint-Symphorien, on ne pourra jamais faire que du bricolage. Il faut trouver du foncier ailleurs. Je pense à une zone alliant loisirs et sports. Ce site existe, entre Semécourt et Amnéville.»

«Vocation à finir en National»

Vous préconisez donc que le FC Metz quitte l’agglomération de Metz ?

«Il faut voir le club à l’échelle du département et éviter par la même occasion que le nouveau stade se télescope avec d’autres projets urbains, comme le quartier de l’Amphithéâtre. Les conditions d’accès sont déjà prêtes, ou presque, et ça n’empêche pas de conserver le nom du FC Metz. C’est d’ailleurs pourquoi je ne comprends pas le peu d’empressement de la ville à soutenir ce projet : un stade qui favorisera l’existence d’une équipe de Première division fera au moins autant parler de Metz, de la Moselle et de la Lorraine que le centre Pompidou ou l’Arsenal. Je n’oppose pas les deux : je crois simplement qu’il serait dommage et même dangereux de mettre tous les œufs dans le même panier. Il faut donc que les politiques se réveillent car, seul, le FC Metz n’y arrivera pas. J’espère par exemple que le département n’est pas en train de se servir de la politique de la mairie pour se dédouaner de ses responsabilités : ce serait très petit. C’est plutôt d’une mobilisation générale dont on a besoin.»

L’époque est-elle, pour des collectivités locales, à investir dans un stade neuf ?

«A Metz, le projet de transport en commun en site propre représente le coût de deux stades ! Pour combien de Messins qui gagneront dix minutes pour aller de Borny à Woippy ?»

Toutes les démarches menées par le FC Metz ne sont-elles pas aujourd’hui plombées par sa situation sportive ?

«C’est le chien qui se mord la queue. Si le FC Metz a aujourd’hui du mal à tenir son rang, c’est notamment parce qu’il ne possède pas les infrastructures qui lui permettront d’engendrer des recettes nouvelles et de se développer. Pour attirer des partenaires, il faut une nouvelle offre. Et s’il s’agit d’investisseurs privés, il faut l’outil pour les faire venir et cet outil n’existera pas sans le soutien des collectivités locales. C’est donc bien un choix politique. Soit on estime que le football n’intéresse pas assez de monde et que la population n’est pas attachée au FC Metz, mais j’invite alors les chantres de la démocratie participative à lancer une grande enquête d’opinion pour le prouver. Soit on se réveille, et vite : dans les conditions actuelles, le FC Metz a plus vocation à finir en National qu’à retourner durablement en Ligue 1.»

S. V.

Publié dans Actualité

Commenter cet article